Silo Assurance-vie • 3 modèles prêts à copier • Mis à jour mars 2026

Clause bénéficiaire assurance vie : comment bien la rédiger

La clause bénéficiaire désigne qui recevra le capital de votre assurance vie à votre décès. Mal rédigée, elle peut faire perdre l'intégralité de l'avantage fiscal.

3 modèles prêts à copier, 7 erreurs à éviter, tableau fiscal et lettre de modification.

Par France Succession Mis à jour le 14 min de lecture

C'est quoi la clause bénéficiaire d'une assurance vie ?

La clause bénéficiaire est la disposition contractuelle qui détermine à qui et dans quelle proportion sera versé le capital de votre assurance vie à votre décès.

Ce qui la rend unique : contrairement à un héritage classique, les sommes versées à un bénéficiaire désigné ne font pas partie de la succession (article L132-12 du Code des assurances). Elles échappent aux droits de succession de droit commun et bénéficient d'un régime fiscal très avantageux — à condition que la clause soit correctement rédigée.

Si aucun bénéficiaire n'est désigné, ou si la désignation est impossible à appliquer, le capital réintègre l'actif successoral. Votre assurance vie perd alors tout son intérêt fiscal.

Selon le CCSF, environ 20 % des contrats comportent une clause imprécise ou inadaptée à la situation familiale réelle du souscripteur.

La clause standard : ce qu'elle dit vraiment

« Mon conjoint non séparé de corps judiciairement, ou mon partenaire de PACS, à défaut par parts égales à mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut à mes héritiers. »

TermeSignificationPiège potentiel
Mon conjointPersonne mariée au jour du décèsUn ex nommément désigné reste bénéficiaire après divorce
Non séparé de corpsExclut la séparation judiciaireNe protège pas d'une simple séparation de fait
Partenaire de PACSLe pacsé au jour du décèsLe concubin n'est PAS couvert
À défautSi le bénéficiaire précédent est décédé ou renonceL'ordre de priorité doit être clair
Vivants ou représentésLes petits-enfants prennent la place d'un enfant décédéSans cette mention, la part est perdue
À défaut mes héritiersFilet de sécuritéSans elle, le capital peut réintégrer la succession

Qui peut être désigné bénéficiaire ?

Vous avez une liberté quasi totale. Toute personne physique (conjoint, enfants, amis, concubin, petits-enfants) ou morale (association, fondation). Plusieurs bénéficiaires avec répartition en pourcentage.

Les désignations interdites (art. L132-8)

  • Professionnels de santé vous ayant soigné (maladie du décès)
  • Mandataires judiciaires à la protection des majeurs
  • Ministres du culte

3 modèles de clauses selon votre situation

Modèle 1 — Famille classique (marié avec enfants)

📄 Modèle 1 — Famille classique

Mon conjoint [Prénom NOM], né(e) le [date] à [ville],
à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés
par suite de prédécès ou de renonciation au bénéfice du contrat,
par parts égales entre eux, à défaut mes héritiers selon
dévolution successorale.

Écrire « mon conjoint » (sans nom) est plus sûr : la désignation suit automatiquement un remariage. Une désignation nominative pointe toujours vers l’ex-époux après divorce.

Modèle 2 — Famille recomposée ou union libre

📄 Modèle 2 — Famille recomposée / union libre

Madame/Monsieur [Prénom NOM], né(e) le [date] à [ville],
domicilié(e) au [adresse], ma compagne/mon compagnon,
à hauteur de [X]%,
à défaut ou pour le solde, mes enfants [liste avec dates de naissance],
vivants ou représentés par suite de prédécès ou de renonciation,
par parts égales entre eux, à défaut mes héritiers selon
dévolution successorale.

Modèle 3 — Clause démembrée (conjoint + enfants)

Le conjoint reçoit l'usufruit (il peut utiliser le capital librement). Les enfants sont nus-propriétaires : ils récupèrent leur part au décès du conjoint, sans droits supplémentaires.

📄 Modèle 3 — Clause démembrée

Mon conjoint [Prénom NOM], usufruitier pour l’intégralité du capital,
mes enfants [liste], nus-propriétaires par parts égales entre eux,
vivants ou représentés par suite de prédécès ou de renonciation,
à défaut mes héritiers selon dévolution successorale.

La fiscalité selon votre clause : avant et après 70 ans

Avant 70 ans (990I)Après 70 ans (757B)
Abattement152 500 € / bénéficiaire30 500 € global
Taux au-delà20 % puis 31,25 %Barème succession (parenté)
Intérêts exonérésNon (taxés avec le capital)Oui, totalement
Conjoint / PACSExonération totaleExonération totale

3 scénarios chiffrés

80 000 € — 1 enfant — versements avant 70 ans

Abattement 152 500 € > 80 000 € → 0 € de droits

250 000 € — 2 enfants — versements avant 70 ans

125 000 € par enfant < 152 500 € → 0 € de droits

500 000 € — 2 enfants — versements avant 70 ans

250 000 € par enfant - 152 500 € = 97 500 € taxable × 20 % = 19 500 € par enfant (vs 95 000 € en succession classique)

Calculez les droits de vos bénéficiaires

Simulateur gratuit, résultat détaillé par tranche.

Simuler →

Pour tout comprendre : abattement assurance vie. Si vous avez passé les 70 ans : assurance vie après 70 ans.

Les 7 erreurs qui annulent l'avantage de votre assurance vie

1. Désigner l'ex-conjoint par son nom. Le divorce n'efface pas une désignation nominative. Écrivez « mon conjoint » (sans nom) ou mettez à jour dès la procédure.

2. Oublier « vivants ou représentés ». Sans cette mention, si un enfant décède avant vous, ses propres enfants ne prennent pas sa place.

3. Désigner « mes enfants » sans préciser la représentation. Seuls les enfants vivants héritent. Les petits-enfants d'un enfant prédécédé sont exclus.

4. Oublier les bénéficiaires de second rang. Sans « à défaut mes héritiers », le capital réintègre la succession. Toujours terminer par un filet de sécurité.

5. Ne jamais mettre à jour. La clause à 35 ans est peut-être inadaptée à 60 ans. Relisez tous les 5 ans et après chaque événement familial.

6. Désigner par simple nom sans coordonnées. « Bernard Martin » est insuffisant. Indiquez : nom de naissance, prénom(s), date/lieu de naissance, adresse.

7. Le bénéficiaire a accepté formellement. Depuis 2007, l'acceptation verrouille le contrat : plus de modification ni rachat sans son accord écrit.

Comment modifier la clause bénéficiaire

Vous pouvez modifier à tout moment, tant qu'aucun bénéficiaire n'a formellement accepté.

Procédure en 3 étapes

  1. Rédigez la lettre avec numéro de contrat et nouvelle clause complète
  2. Envoyez en recommandé avec AR à votre assureur
  3. Conservez l'avenant retourné par l'assureur

📨 Modèle de lettre de modification

[Prénom NOM]
[Adresse complète]
[Ville, le DATE]

À l’attention du service Assurance Vie
[Nom de l’assureur]
[Adresse de l’assureur]

Objet : Modification de la clause bénéficiaire — Contrat n° XXXXXXXX

Madame, Monsieur,

Je, soussigné(e) [Prénom NOM], titulaire du contrat d’assurance vie
n° XXXXXXXX, souhaite modifier la clause bénéficiaire dudit contrat
comme suit :

« [Nouvelle clause complète rédigée] »

Cette modification annule et remplace toute désignation antérieure.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes
salutations distinguées.

[Signature]

Cas particuliers

EHPAD / protection juridique : la modification se fait par courrier — l'assureur ne peut pas exiger un déplacement. Sous tutelle/curatelle : accord du mandataire ou du juge nécessaire.

Dépôt chez le notaire : indiquez dans le contrat « selon clause enregistrée chez Maître [NOM], à [VILLE] ». Informez tous vos assureurs.

Peut-on connaître les bénéficiaires d'une assurance vie ?

Du vivant du souscripteur : non. Aucune obligation de communiquer les noms.

Après le décès : toute personne justifiant du décès peut interroger l'AGIRA (agira.fr). La démarche est gratuite. L'assureur dispose d'un mois pour verser le capital après dossier complet ; au-delà, intérêts de retard automatiques.

Retrouver un contrat via l'AGIRA →

Quand revoir sa clause bénéficiaire : la checklist

Cochez les événements qui vous concernent. Chaque case cochée justifie une révision immédiate de votre clause.

Événements nécessitant une révision

0/9 vérifié

Choisissez le meilleur contrat d'assurance vie

Notre comparatif indépendant des contrats les plus performants.

Comparer →

Pour tout comprendre : assurance vie et succession — le guide complet.

Questions fréquentes sur la clause bénéficiaire

Les 7 questions les plus posées par nos utilisateurs.

Quelle est la clause bénéficiaire standard ?

La clause standard désigne "le conjoint non séparé de corps, ou le partenaire de PACS, à défaut les enfants nés ou à naître vivants ou représentés, à défaut les héritiers". Elle convient aux situations simples mais doit être personnalisée en cas de remariage, concubinage ou volonté particulière.

Comment changer le bénéficiaire d'une assurance vie ?

Lettre recommandée avec AR à votre assureur, avec numéro de contrat et nouvelle clause. Prend effet dès réception. Si un bénéficiaire a accepté formellement, son accord écrit est nécessaire.

Voir le modèle de lettre →
Que se passe-t-il si le bénéficiaire est décédé avant l'assuré ?

Avec "vivants ou représentés", les descendants prennent sa place. Sans cette mention, la part passe au second rang. Sans second rang, le capital réintègre la succession.

Qui ne peut pas être bénéficiaire ?

Les professionnels de santé vous ayant soigné (maladie du décès), les mandataires judiciaires à la protection des majeurs, et les ministres du culte (art. L132-8 Code des assurances).

Peut-on connaître les bénéficiaires de son vivant ?

Non. Le souscripteur n'est pas tenu de divulguer les noms. Après le décès, l'AGIRA peut être interrogée par toute personne justifiant du décès.

Comment interroger l'AGIRA →
Comment accepter formellement le bénéfice ?

Par avenant signé (assureur + souscripteur + bénéficiaire) ou par acte notarié. Attention : le souscripteur ne peut plus modifier la clause ni racheter sans accord du bénéficiaire acceptant.

Qui prévient le bénéficiaire après le décès ?

Personne n'y est obligé. C'est au bénéficiaire de solliciter l'AGIRA. L'assureur dispose ensuite d'un mois pour verser le capital après dossier complet.

Dernière mise à jour : . Conformément aux art. 990I et 757B du CGI, art. L132-8 et L132-12 du Code des assurances. Consultez un notaire ou CGP pour un conseil personnalisé.