Comment sont calculés les droits de succession en 2026 ?
Le calcul des droits de succession en France repose sur trois étapes successives. Ce mécanisme, défini par le Code général des impôts, s'applique à chaque héritier individuellement en fonction de sa part et de son lien de parenté avec le défunt.
Étape 1 — Déterminer l'actif net taxable
L'actif net taxable correspond à l'ensemble des biens du défunt (immobilier, comptes bancaires, placements, mobilier) diminué du passif (emprunts en cours, dettes, frais funéraires dans la limite de 1 500 €). Ce montant est ensuite réparti entre les héritiers selon les règles du Code civil ou les dispositions du testament.
Chaque héritier est imposé sur sa part individuelle. Un enfant unique héritant de la totalité paiera plus qu'un enfant partageant avec trois frères et sœurs, car les abattements et barèmes s'appliquent par héritier.
Astuce
Pour connaître le montant de votre part, demandez au notaire l'inventaire de la succession ou utilisez notre simulateur ci-dessus avec une estimation.
Étape 2 — Appliquer les abattements
Chaque héritier bénéficie d'un abattement personnel qui dépend de son lien de parenté avec le défunt. En ligne directe (enfant/parent), l'abattement est de 100 000 € par héritier. Cela signifie qu'un enfant ne paie aucun droit si sa part est inférieure à ce montant.
Attention — Le rappel fiscal
Les donations consenties par le défunt au cours des 15 dernières années sont réintégrées dans le calcul (article 784 du CGI). Si le défunt vous a déjà donné 60 000 € il y a 10 ans, votre abattement disponible au décès est réduit à 40 000 €.
Les barèmes et abattements sont gelés jusqu'au 31 décembre 2028 par la loi de finances 2026. Concrètement, ils ne sont pas revalorisés avec l'inflation, ce qui augmente mécaniquement la charge fiscale réelle chaque année.
Tout savoir sur les abattements de succession →
Étape 3 — Appliquer le barème progressif
Une fois l'abattement déduit, la part taxable est soumise à un barème progressif par tranches, similaire au mécanisme de l'impôt sur le revenu. Plus la part taxable est élevée, plus le taux marginal augmente.
Exemple concret
Un enfant hérite de 180 000 €. Après l'abattement de 100 000 €, la base taxable est de 80 000 €. Les droits se calculent tranche par tranche : 5 % sur les 8 072 premiers euros (403,60 €), puis 10 %, 15 % et enfin 20 % sur le solde. Le total des droits est de 14 194 €, soit un taux effectif de 7,9 %.
Voir le barème complet des droits de succession 2026 →
Barème des droits de succession 2026
Les barèmes ci-dessous sont fixés par l'article 777 du Code général des impôts. Ils sont gelés jusqu'au 31 décembre 2028.
En ligne directe (parents / enfants)
| Part taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Entre frères et sœurs
| Part taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 24 430 € | 35 % |
| Au-delà de 24 430 € | 45 % |
Autres liens de parenté
| Lien de parenté | Taux |
|---|---|
| Neveux et nièces | 55 % |
| Parents au-delà du 4e degré | 55 % |
| Non-parents (concubins, amis...) | 60 % |
Source : article 777 du Code général des impôts.
N'oubliez pas
Le taux marginal (45 %) ne s'applique qu'à la tranche la plus haute. La grande majorité des héritages en ligne directe sont taxés à un taux effectif inférieur à 20 %.
Abattements par lien de parenté
Chaque héritier bénéficie d'un abattement avant calcul des droits. Cet abattement se renouvelle tous les 15 ans. Les personnes en situation de handicap bénéficient d'un abattement supplémentaire de 159 325 € cumulable avec l'abattement lié à la parenté.
| Héritier | Abattement |
|---|---|
| Conjoint marié ou pacsé | Exonération totale |
| Enfant | 100 000 € |
| Parent (ascendant) | 100 000 € |
| Petit-enfant | 1 594 € |
| Frère ou sœur | 15 932 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € |
| Enfant du conjoint (PLF 2026) | 15 932 € |
| Personne handicapée (cumulable) | 159 325 € |
| Autre héritier | 1 594 € |
Source : article 779 du CGI. Montants gelés jusqu'au 31/12/2028.
Le saviez-vous ?
Un enfant handicapé cumule les deux abattements : 100 000 € + 159 325 € = 259 325 € en franchise de droits. Pensez à cocher l'option dans le simulateur ci-dessus.
Qui est exonéré des droits de succession ?
Certaines personnes bénéficient d'une exonération totale des droits de succession. Il ne s'agit pas d'un abattement, mais d'une dispense complète de paiement.
Le conjoint survivant marié ou pacsé
Depuis la loi TEPA du 22 août 2007, le conjoint survivant (mariage ou PACS) est totalement exonéré de droits de succession, quel que soit le montant hérité.
Attention — Concubins
Cette exonération ne s'applique pas aux concubins, qui sont imposés au taux de 60 % après un abattement de seulement 1 594 €. Si vous vivez en concubinage, l'assurance-vie est le meilleur outil pour protéger votre partenaire.
Les frères et sœurs sous conditions
Un frère ou une sœur peut être exonéré s'il remplit les 3 conditions cumulatives de l'article 796-0 ter du CGI :
- Être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps
- Être âgé de plus de 50 ans ou être atteint d'une infirmité le mettant dans l'impossibilité de travailler
- Avoir été domicilié avec le défunt pendant les 5 années précédant le décès
Autres cas d'exonération
Sont également exonérés : les victimes de guerre ou de terrorisme, les militaires décédés en OPEX, les sapeurs-pompiers, policiers, gendarmes et agents des douanes décédés en service et cités à l'ordre de la Nation.
Guide complet des exonérations de succession →
Comment réduire ses droits de succession ?
Plusieurs leviers légaux permettent de réduire significativement la facture fiscale au moment de la succession. L'anticipation est la clé : plus on s'y prend tôt, plus les économies sont importantes.
Le conseil essentiel
Ne pas anticiper, c'est laisser l'État décider à votre place. Les 3 stratégies ci-dessous sont cumulables et peuvent diviser vos droits de succession par deux, voire les supprimer.
La donation de son vivant
Chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 € par enfant tous les 15 ans en franchise de droits. En utilisant pleinement cet abattement, un couple avec deux enfants peut transmettre 400 000 € sans payer un centime de droits. Après 70 ans, les règles changent mais la donation reste un levier puissant.
L'assurance-vie
L'assurance-vie est le véhicule de transmission préféré des Français, et pour cause. Les capitaux versés avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, totalement hors succession. Bien structurée, une assurance-vie peut permettre de transmettre plusieurs centaines de milliers d'euros avec une fiscalité très allégée.
Le démembrement de propriété
Le démembrement consiste à séparer l'usufruit (le droit d'utiliser le bien ou d'en percevoir les revenus) de la nue-propriété. En donnant la nue-propriété de son vivant, le donateur réduit la base taxable car la valeur imposable est calculée sur la seule nue-propriété (dont la valeur dépend de l'âge du donateur).
Questions fréquentes sur les droits de succession
Les réponses aux questions les plus recherchées par les Français.
Comment calculer les droits de succession en 2026 ?
Le calcul se fait en 3 étapes : déterminer l'actif net taxable (biens − dettes), appliquer l'abattement selon le lien de parenté (100 000 € pour un enfant), puis appliquer le barème progressif (de 5 % à 45 % en ligne directe). Les barèmes 2026 sont gelés jusqu'en 2028.
Quel est le barème des droits en ligne directe ?
7 tranches de 5 % à 45 %, après un abattement de 100 000 € par enfant. Les premières tranches (5 %, 10 %, 15 %) couvrent des montants faibles. Le gros de l'imposition se fait à 20 % (de 15 932 € à 552 324 €).
Voir le barème complet →Qui est exonéré des droits de succession ?
Le conjoint survivant (marié ou pacsé) est totalement exonéré depuis 2007. Les frères et sœurs peuvent l'être sous 3 conditions cumulatives : célibataire/veuf, +50 ans ou handicapé, domicilié avec le défunt 5 ans avant.
Quel est l'abattement entre parent et enfant ?
100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Les personnes handicapées bénéficient d'un abattement supplémentaire de 159 325 €, cumulable.
Quel pourcentage prend l'État sur un héritage ?
Cela dépend du lien de parenté : de 5 % à 45 % en ligne directe, 35 % à 45 % entre frères et sœurs, 55 % pour les neveux/nièces, et 60 % pour les non-parents.
Comment réduire ses droits de succession ?
Les trois principaux leviers : la donation anticipée (100 000 € par enfant tous les 15 ans), l'assurance-vie (152 500 € par bénéficiaire hors succession) et le démembrement de propriété.
Faut-il payer des droits de succession entre époux ?
Non. Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint survivant marié ou pacsé est totalement exonéré, quel que soit le montant. Les concubins ne bénéficient pas de cette exonération et sont imposés à 60 %.
Quel montant pour ne pas payer de droits ?
Cela dépend du lien de parenté. Enfant : en dessous de 100 000 €. Frère/sœur : en dessous de 15 932 €. Neveu/nièce : en dessous de 7 967 €. Autre : en dessous de 1 594 €.
Les droits de succession ont-ils changé en 2026 ?
Les taux et abattements sont gelés jusqu'au 31/12/2028. Pas de hausse nominale mais une hausse réelle due à l'inflation. Nouveauté : un abattement de 15 932 € pour les enfants du conjoint dans les familles recomposées.
Comment calculer les droits sur une assurance-vie ?
L'assurance-vie obéit à un régime fiscal distinct. Pour les versements avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Pour les versements après 70 ans : les primes au-delà de 30 500 € réintègrent la succession.
Guide assurance-vie et succession →