Mis à jour le 23 juin 2026.
La recherche assurance vie et succession nouvelle loi traduit une inquiétude simple : l’avantage fiscal de l’assurance vie a-t-il été supprimé ou durci en 2026 ? La réponse courte est non pour le régime général. Les débats parlementaires récents ont nourri beaucoup d’articles alarmistes, mais les règles applicables restent celles du Code des assurances et du Code général des impôts.
L’enjeu n’est donc pas de réagir à une réforme déjà entrée en vigueur. L’enjeu est de vérifier le bon régime fiscal selon l’âge des versements, la date du contrat, le bénéficiaire désigné et les démarches à accomplir après le décès.
Pour reprendre les bases avant d’entrer dans les nouveautés, consultez aussi le guide pilier assurance-vie et succession.
Nouvelle loi 2026 : ce qui change vraiment
La principale information à retenir est contre-intuitive : il n’y a pas de nouveau barème général de succession de l’assurance vie au 23 juin 2026. Les sources officielles consultées maintiennent les mêmes seuils clés : 152 500 € par bénéficiaire pour les primes relevant du régime avant 70 ans, et 30 500 € global pour les primes versées après 70 ans.
Ce qui a changé, c’est surtout le niveau d’attention politique. Plusieurs propositions ont visé l’assurance vie depuis 2024. Certaines voulaient rapprocher la taxation des gros contrats du barème des droits de succession. D’autres évoquaient une transmission anticipée temporaire. Mais ces pistes n’ont pas remplacé les articles 990 I et 757 B du Code général des impôts.
En pratique, l’angle utile n’est pas “la fiscalité explose en 2026”. C’est plutôt : le régime reste avantageux, mais il est strictement conditionné. Une clause bénéficiaire mal rédigée, des primes versées trop tard ou un bénéficiaire non exonéré peuvent changer totalement le résultat.
Fiscalité assurance vie succession : le barème 2026
La fiscalité dépend d’abord de l’âge de l’assuré au moment où les primes ont été versées. Selon impots.gouv.fr, les sommes perçues par les bénéficiaires sont traitées hors succession en principe, mais elles sont imposées différemment selon la date du contrat, l’âge lors du versement et les dates de versement.
| Situation du contrat | Abattement applicable | Taxation après abattement | Source à vérifier |
|---|---|---|---|
| Primes versées avant 70 ans, régime courant | 152 500 € par bénéficiaire | 20 % jusqu’à 700 000 € taxables, puis 31,25 % au-delà | Article 990 I du CGI ; impots.gouv.fr |
| Primes versées après 70 ans | 30 500 € global, tous bénéficiaires et contrats confondus | Droits de succession selon le lien de parenté, uniquement sur les primes excédentaires | Article 757 B du CGI ; impots.gouv.fr |
| Contrats ou primes très anciens | Régime spécifique selon la date d’ouverture et de versement | Vérification au cas par cas, notamment pour les contrats avant le 20 novembre 1991 ou les primes avant le 13 octobre 1998 | impots.gouv.fr ; BOFiP |
| Conjoint marié ou partenaire de Pacs bénéficiaire | Exonération | Aucun prélèvement successoral sur le capital reçu | Loi TEPA ; impots.gouv.fr |
| Absence de bénéficiaire déterminé | Aucun régime spécifique | Le capital rejoint la succession | Article L132-12 du Code des assurances |
| Primes manifestement exagérées | Appréciation au cas par cas | Réintégration possible des primes excessives | Article L132-13 du Code des assurances |
Avant 70 ans : l’abattement par bénéficiaire reste central
Pour les primes relevant de l’article 990 I du CGI, chaque bénéficiaire dispose d’un abattement propre de 152 500 €. Cet abattement s’apprécie par bénéficiaire, tous contrats d’assurance vie confondus pour un même assuré.
Au-delà, la part taxable est soumise au prélèvement spécifique : 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable, puis 31,25 % au-delà. Ce n’est pas le barème classique des droits de succession.
Après 70 ans : l’abattement devient global
Après 70 ans, le régime est moins favorable mais reste souvent utile. Selon impots.gouv.fr, les primes versées après 70 ans sont soumises aux droits de mutation par décès uniquement au-delà de 30 500 €. Cet abattement est global : il se partage entre tous les bénéficiaires et tous les contrats du défunt.
Les produits du contrat, c’est-à-dire les intérêts et plus-values générés par ces versements, restent en principe hors droits de succession. C’est un point souvent oublié dans les comparatifs rapides.
Contrats anciens : vérifier la date avant de calculer
Le tableau ci-dessus couvre le régime le plus courant. Les contrats ouverts avant le 20 novembre 1991 ou les primes versées avant le 13 octobre 1998 peuvent obéir à des règles transitoires. Si le contrat est ancien, il faut donc demander à l’assureur la ventilation des primes par date de versement, âge de l’assuré et régime fiscal applicable avant d’annoncer un montant de droits.
Ce que dit la loi
Selon l’article L132-12 du Code des assurances, le capital payable au décès à un bénéficiaire déterminé ne fait pas partie de la succession de l’assuré.
Selon l’article L132-13 du Code des assurances, ce capital n’est soumis ni au rapport à succession ni à la réduction pour atteinte à la réserve, sauf lorsque les primes versées sont manifestement exagérées eu égard aux facultés du souscripteur.
Cette distinction entre droit civil et fiscal explique beaucoup de confusions. Civillement, l’assurance vie est hors succession si un bénéficiaire est désigné. Fiscalement, certaines sommes peuvent quand même être taxées, mais selon un régime propre.
Les notaires interviennent souvent pour clarifier cette frontière. Ils ne “récupèrent” pas automatiquement l’assurance vie dans la succession, mais ils peuvent avoir besoin d’en connaître l’existence pour vérifier la cohérence globale du dossier, la présence de primes exagérées ou les obligations déclaratives.
Cas pratiques : calculs détaillés
Exemple 1 : primes versées avant 70 ans, deux enfants bénéficiaires
Ce calcul montre pourquoi la multiplication des bénéficiaires peut être efficace. L’abattement de 152 500 € s’applique séparément à chacun, dans la limite des règles anti-abus et d’une clause bénéficiaire correctement rédigée.
Exemple 2 : primes versées après 70 ans au profit d’un voisin
Cet exemple, proche de celui publié par l’administration fiscale, rappelle que le régime après 70 ans peut devenir coûteux si le bénéficiaire n’a aucun lien de parenté avec le défunt.
Exemple 3 : conjoint bénéficiaire
Si Sophie désigne son époux comme bénéficiaire d’un contrat de 300 000 €, le conjoint survivant est exonéré. Cette exonération s’applique même si le contrat contient des primes avant et après 70 ans.
Le sujet fiscal se déplace alors vers les autres héritiers : il faut vérifier si la clause respecte l’équilibre familial, si les primes ne sont pas manifestement exagérées et si le contrat n’a pas été alimenté avec des fonds communs dans une situation matrimoniale complexe.
Comment procéder concrètement après un décès
1. Vérifier l’existence du contrat
Si vous pensez être bénéficiaire d’une assurance vie, vous pouvez interroger l’AGIRA. Service-Public rappelle que la démarche est gratuite et que toute personne peut demander la recherche d’un contrat d’une personne décédée. L’AGIRA transmet la demande aux assureurs dans les 15 jours suivant la réception d’un dossier complet. La procédure détaillée est expliquée dans notre guide AGIRA assurance vie.
Si le décès date de plus de 10 ans, il faut aussi consulter Ciclade, le service de la Caisse des Dépôts pour les fonds non réclamés.
2. Fournir les pièces à l’assureur
L’assureur demande généralement l’acte de décès, une pièce d’identité, un RIB, les informations fiscales nécessaires et parfois un certificat d’acquittement ou de non-exigibilité des droits.
Service-Public indique que l’assureur doit verser le capital dans le délai d’un mois après réception de l’ensemble des documents nécessaires au paiement.
3. Déposer la déclaration 2705-A si nécessaire
Selon impots.gouv.fr, le bénéficiaire doit, dans la majorité des cas, souscrire une déclaration partielle de succession avec le formulaire 2705-A. Pour les contrats relevant de l’article 757 B, ce dépôt concerne notamment les primes versées après 70 ans.
En principe, la déclaration doit être déposée dans les six mois suivant le décès si celui-ci est survenu en France métropolitaine. Des délais particuliers existent pour certains décès en outre-mer ou à l’étranger.
4. Présenter le document fiscal à l’assureur
Une fois le formulaire traité, l’administration le restitue au bénéficiaire. Ce document permet à l’assureur de débloquer les fonds. Lorsque des droits sont dus, le bénéficiaire peut demander à l’assureur de les régler directement au service de l’enregistrement et de les déduire du capital versé.
Les erreurs à éviter
Croire que l’assurance vie est toujours totalement exonérée
L’assurance vie est souvent hors succession sur le plan civil, mais cela ne veut pas dire “zéro impôt” dans tous les cas. Les abattements et les taux dépendent de l’âge au versement, du bénéficiaire et de la date du contrat.
Oublier la clause bénéficiaire
Sans bénéficiaire déterminé, l’article L132-12 du Code des assurances ne joue plus de la même manière. Le capital peut rejoindre la succession et perdre les avantages spécifiques de l’assurance vie.
Verser massivement à un âge avancé sans justification
L’article L132-13 du Code des assurances permet de contester les primes manifestement exagérées. Les héritiers ne peuvent pas réintégrer le capital simplement parce qu’ils se sentent lésés, mais ils peuvent discuter des primes si elles sont disproportionnées au regard du patrimoine, de l’âge et de l’utilité du contrat.
Confondre assurance vie et assurance décès
L’assurance vie est une enveloppe d’épargne et de transmission. L’assurance décès est un contrat de prévoyance qui verse un capital si le risque assuré survient. Les deux peuvent désigner des bénéficiaires, mais leurs objectifs et leur fiscalité ne se pilotent pas de la même façon.
Pour comparer les deux logiques, consultez aussi notre guide tarif assurance décès.
Ignorer le rôle du notaire
Le notaire ne reçoit pas toujours directement les capitaux d’assurance vie, mais il peut aider à vérifier la clause, la fiscalité, le formulaire 2705-A et l’articulation avec le reste de la succession. C’est particulièrement utile en famille recomposée, en présence de bénéficiaires multiples ou de versements après 70 ans.
Questions fréquentes
Est-ce qu'une nouvelle loi a supprimé l'avantage successoral de l'assurance vie en 2026 ?
Non. Au 23 juin 2026, les sources officielles consultées maintiennent le régime de l'article 990 I du CGI pour les primes relevant du régime avant 70 ans et celui de l'article 757 B pour les primes versées après 70 ans. Des propositions ont circulé, mais elles ne remplacent pas le droit applicable.
Quand l'assurance vie rentre-t-elle dans la succession ?
Elle peut entrer dans la succession lorsqu'aucun bénéficiaire n'est désigné ou lorsque la clause ne permet pas d'identifier un bénéficiaire. Les primes manifestement exagérées peuvent aussi être contestées sur le fondement de l'article L132-13 du Code des assurances.
Quels sont les frais de succession d'une assurance vie ?
Avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite en principe de 152 500 € d'abattement, puis la part taxable est prélevée à 20 % et 31,25 %. Après 70 ans, les primes supérieures à 30 500 € sont soumises aux droits de succession selon le lien de parenté.
Pourquoi les notaires demandent les assurances vie ?
Le notaire peut avoir besoin d'identifier les contrats pour vérifier la fiscalité, les éventuelles primes exagérées, la présence de fonds communs entre époux et la cohérence de la succession. Cela ne signifie pas automatiquement que le capital est intégré dans l'actif successoral.
Comment récupérer l'argent d'une assurance vie après décès ?
Il faut contacter l'assureur ou passer par l'AGIRA si le contrat est inconnu. Le bénéficiaire fournit les pièces demandées, dépose une déclaration 2705-A si nécessaire, puis l'assureur doit verser le capital dans le mois suivant la réception du dossier complet.
Faut-il déclarer une assurance vie aux impôts après un décès ?
Oui dans de nombreux dossiers. Le bénéficiaire peut devoir déposer une déclaration partielle de succession 2705-A, notamment pour permettre à l'administration de traiter les sommes relevant de l'article 757 B ou de l'article 990 I du CGI. L'assureur indique généralement les éléments fiscaux à déclarer.
Qui est exonéré de fiscalité sur l'assurance vie au décès ?
Le conjoint marié et le partenaire de Pacs sont exonérés. Certains frères et soeurs peuvent aussi l'être sous conditions strictes, notamment de cohabitation, d'âge ou d'invalidité. Les autres bénéficiaires dépendent des régimes 990 I ou 757 B du CGI.

Rédigé par
Thomas Legrand
Juriste spécialisé en droit des successions · Directeur de publication
Juriste avec plus de 20 ans d'expérience dans le droit notarial et le conseil en transmission patrimoniale. Fondateur de France Succession en 2026.
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