L’ordre des héritiers en France : le tableau des 4 ordres
L’ordre des héritiers désigne le classement légal des proches appelés à recueillir une succession. Il s’applique principalement lorsque le défunt n’a pas organisé sa transmission par testament ou donation au dernier vivant.
Le principe est simple : un ordre d’héritiers vivant exclut les ordres qui viennent après lui. Par exemple, si le défunt laisse un enfant, ses frères, ses grands-parents et ses cousins ne sont normalement pas appelés à hériter au titre de la dévolution légale.
Cette règle est posée par l’article 734 du Code civil. Le texte précise que les quatre catégories constituent chacune un ordre qui exclut les suivants. L’article 735 ajoute que les enfants et leurs descendants succèdent sans distinction de sexe, de primogéniture ou d’union des parents.
Le texte est consultable dans sa version en vigueur sur Légifrance.
Tableau de l’ordre des héritiers
| Ordre | Héritiers concernés | Quand sont-ils appelés ? | Principe de partage |
|---|---|---|---|
| 1er ordre | Enfants et descendants | Dès qu’un enfant ou une branche descendante existe | Les enfants héritent à parts égales. Les descendants peuvent représenter un enfant décédé. |
| 2e ordre | Père et mère, frères et sœurs, neveux et nièces par représentation | En l’absence de descendants | Les parents et la fratrie se partagent selon les règles des articles 736 et 738 du Code civil. |
| 3e ordre | Grands-parents, arrière-grands-parents et autres ascendants | En l’absence des héritiers des deux premiers ordres | La recherche se fait par branche familiale, maternelle et paternelle. |
| 4e ordre | Oncles, tantes, cousins et autres collatéraux ordinaires | En l’absence des héritiers des trois premiers ordres | Les héritiers les plus proches dans chaque branche sont prioritaires. |
Le tableau concerne la dévolution légale hors conjoint survivant. L’époux marié n’est pas simplement placé dans l’un des quatre ordres : il bénéficie de droits propres, qui dépendent de la présence d’enfants et de leur lien avec le défunt.
Comment lire le tableau : ordre et degré de parenté
L’ordre ne suffit pas toujours à identifier l’héritier. Il faut aussi regarder le degré, c’est-à-dire le nombre de générations qui séparent le défunt de la personne concernée.
Dans le premier ordre, un enfant est au premier degré. Un petit-enfant est au deuxième degré. En principe, l’enfant vivant exclut donc le petit-enfant. Le petit-enfant peut toutefois venir à la succession par représentation si son parent, enfant du défunt, est décédé avant le défunt ou se trouve dans une situation permettant cette représentation.
La représentation fonctionne par branche. Elle évite qu’une branche familiale disparaisse simplement parce que l’héritier qui devait la représenter est lui-même décédé. Elle concerne notamment les descendants d’un enfant prédécédé et, dans les cas prévus par la loi, les descendants d’un frère ou d’une sœur.
Les 4 ordres d’héritiers en détail
1. Les descendants : enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants
Les descendants forment le premier ordre. Tous les enfants ont les mêmes droits successoraux, qu’ils soient nés dans ou hors mariage, adoptés selon le régime applicable, ou issus d’unions différentes.
Si les enfants sont vivants, ils se partagent la succession à parts égales. Les petits-enfants n’interviennent normalement que par représentation ou lorsqu’aucun enfant n’est appelé.
Les enfants sont aussi des héritiers réservataires. La réserve héréditaire limite la liberté de transmettre par testament ou donation. Avec un enfant, la réserve est de la moitié de la succession ; avec deux enfants, elle est des deux tiers ; avec trois enfants ou plus, elle est des trois quarts. Le solde constitue la quotité disponible.
2. Les parents et les frères et sœurs
Le deuxième ordre ne s’ouvre que si le défunt ne laisse ni enfant ni descendant appelé à le représenter. Il réunit les père et mère, les frères et sœurs et, par représentation, leurs descendants.
Si le défunt ne laisse ni descendant ni frère ou sœur, le père et la mère recueillent chacun la moitié de la succession, selon l’article 736 du Code civil.
Si le défunt laisse des frères ou sœurs :
- lorsque les deux parents sont vivants, chacun reçoit un quart et la fratrie se partage la moitié restante ;
- lorsqu’un seul parent est vivant, celui-ci reçoit un quart et la fratrie se partage les trois quarts restants ;
- lorsque les deux parents sont décédés, les frères et sœurs recueillent la succession, sous réserve des règles de représentation et de retour légal.
3. Les autres ascendants
Le troisième ordre comprend les ascendants qui ne sont ni le père ni la mère : grands-parents, arrière-grands-parents et générations suivantes.
Il ne s’ouvre qu’en l’absence d’héritiers des deux premiers ordres. La succession est alors recherchée dans les deux lignes familiales, maternelle et paternelle. Chaque branche reçoit en principe une moitié. Dans chaque branche, l’ascendant le plus proche est prioritaire.
4. Les collatéraux ordinaires
Le quatrième ordre comprend les collatéraux qui ne sont ni des frères et sœurs ni leurs descendants : oncles, tantes, cousins et cousines.
Ils n’héritent que si aucun héritier des trois premiers ordres n’est appelé. La recherche se fait là encore par branche et par degré. S’il n’existe aucun héritier familial pouvant recueillir la succession, celle-ci peut devenir une succession en déshérence et revenir à l’État.
La place du conjoint survivant dans l’ordre des héritiers
Le conjoint survivant doit être distingué du partenaire de Pacs et du concubin. L’époux marié est un héritier légal, sauf situation particulière prévue par la loi ou renonciation valable dans certains cas.
Conjoint et enfants communs
Lorsque le défunt laisse uniquement des enfants communs avec son conjoint, l’époux survivant dispose, par défaut, d’un choix entre :
- l’usufruit de la totalité de la succession ;
- le quart de la succession en pleine propriété.
Les enfants reçoivent alors soit la nue-propriété de toute la succession, soit les trois quarts en pleine propriété. Une donation au dernier vivant peut modifier les droits du conjoint dans les limites de la réserve des enfants.
Conjoint et enfants d’une autre union
Si le défunt laisse au moins un enfant qui n’est pas commun au couple, le conjoint survivant reçoit en principe le quart de la succession en pleine propriété. Les enfants se partagent les trois quarts restants à parts égales.
Conjoint sans enfant
Si le défunt n’a pas d’enfant et que ses deux parents sont vivants, le conjoint reçoit la moitié de la succession et chaque parent un quart. Avec un seul parent vivant, le conjoint reçoit trois quarts et le parent un quart. Si aucun parent n’est vivant, le conjoint recueille en principe toute la succession, sous réserve notamment des droits de retour sur certains biens.
Ces répartitions supposent une situation familiale et un régime matrimonial courants. Un contrat de mariage, une donation au dernier vivant, des donations antérieures ou des biens propres peuvent modifier l’analyse. Le détail officiel figure dans la fiche Service-Public consacrée aux règles pour hériter.
Pacs, concubinage et enfants du conjoint : qui n’est pas héritier automatiquement ?
Le partenaire de Pacs n’est pas un héritier légal automatique. Il doit être désigné par testament pour recevoir des biens dans la succession. Il bénéficie toutefois d’une exonération de droits de succession sur ce qu’il reçoit dans les conditions prévues par le CGI.
Le concubin n’a pas non plus de droit successoral automatique. Un testament peut lui attribuer la quotité disponible, mais la fiscalité applicable aux personnes sans lien de parenté est généralement très lourde.
L’enfant du conjoint, ou beau-fils et belle-fille, n’est pas héritier du beau-parent par le seul effet du mariage. Une adoption ou un testament peut créer des droits, sous réserve des droits des héritiers réservataires.
Testament et ordre légal : que peut-on modifier ?
Le tableau présente la dévolution légale, c’est-à-dire la règle par défaut. Un testament permet de désigner un légataire, d’avantager le conjoint ou de transmettre un bien à une personne extérieure à la famille.
Cette liberté est limitée par la réserve héréditaire. Le défunt ne peut pas priver ses enfants de leur part minimale. En l’absence d’enfant, le conjoint survivant bénéficie lui aussi d’une protection particulière dans certaines situations.
Pour une famille recomposée, un testament olographe mal rédigé peut créer une contestation. Le modèle de testament olographe peut aider à préparer une réflexion, mais il ne remplace pas un conseil notarial personnalisé.
Ordre des héritiers et droits de succession : ne pas confondre les deux calculs
L’ordre des héritiers répond à la question : qui est appelé à recueillir la succession ? La fiscalité répond ensuite à une autre question : combien chaque héritier doit-il payer sur sa part taxable ?
Pour calculer les droits, il faut notamment tenir compte de l’actif net, des dettes déductibles, des donations antérieures et de l’abattement personnel disponible. Les montants ci-dessous sont ceux publiés par l’administration fiscale et doivent être vérifiés au moment du décès.
| Qualité du bénéficiaire | Abattement personnel indiqué par l’administration | Observation |
|---|---|---|
| Enfant, père ou mère | 100 000 € | Abattement en ligne directe, sous réserve de son utilisation antérieure. |
| Frère ou sœur | 15 932 € | Une exonération spécifique peut s’appliquer si les conditions légales sont réunies. |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | Cas fréquent lorsque la représentation conduit un neveu ou une nièce à recueillir une part. |
| Autre personne sans abattement familial applicable | 1 594 € | À distinguer du régime du conjoint et du partenaire de Pacs, exonérés sous conditions. |
Le barème 2026 publié par impots.gouv.fr précise aussi les tranches applicables en ligne directe : 5 % jusqu’à 8 072 €, puis 10 %, 15 %, 20 %, 30 %, 40 % et 45 % selon la part taxable.
Ce qui change en 2026 : le tableau reste inchangé
La vérification effectuée le 21 juillet 2026 ne montre pas de réforme récente modifiant le classement des quatre ordres. La version du Code civil publiée par Légifrance au 19 juillet 2026 reprend toujours les articles 734 à 740 et le principe selon lequel chaque ordre exclut les suivants.
La loi de finances pour 2026 a fait évoluer certaines formalités successorales, notamment la transmission électronique de déclarations par un notaire dans le cadre de l’article 802 bis du CGI. Cette évolution ne transforme pas le tableau familial : elle concerne le règlement et les échanges avec l’administration, pas la priorité entre enfants, parents, frères et sœurs, ascendants et collatéraux.
Pour une situation ouverte, le notaire applique les textes en vigueur à la date du décès et examine les actes antérieurs.
Comment utiliser ce tableau après un décès ?
Pour éviter une erreur de classement, avancez dans cet ordre :
- Vérifiez l’existence d’un testament, d’une donation au dernier vivant et d’un contrat de mariage.
- Identifiez le conjoint survivant, les enfants du défunt et les éventuels enfants issus d’une autre union.
- Recherchez une représentation : enfant décédé, frère ou sœur décédé, ou branche descendante concernée.
- Si aucun descendant n’est appelé, examinez les parents, les frères et sœurs, puis les générations ascendantes.
- Déterminez les parts civiles de chacun avant de calculer les abattements et les droits.
- Demandez au notaire un acte de notoriété lorsque la qualité d’héritier doit être officiellement établie.
Le notaire est notamment indispensable si la succession comprend un bien immobilier, un testament ou une donation au dernier vivant, ou lorsque les formalités exigent un acte authentique. Les frais de notaire en succession sont distincts des droits de succession versés au Trésor public.
Sources officielles
- Code civil, articles 734 à 740 — Légifrance
- Code civil, articles 751 à 755 — Légifrance
- Service-Public — Quelles sont les règles pour hériter ?
- Impots.gouv.fr — Calcul des droits de succession
- Notaires de France — Ordre des héritiers et barème
Questions fréquentes
Quel est l'ordre des héritiers en l'absence de testament ?
Les quatre ordres sont les descendants, les père et mère avec les frères et sœurs, les autres ascendants, puis les autres collatéraux. Le premier ordre présent exclut les suivants, sauf notamment la représentation et les droits propres du conjoint.
Qui hérite en premier : les enfants ou le conjoint ?
Le conjoint survivant et les enfants peuvent hériter ensemble. Avec des enfants communs, le conjoint choisit en principe entre l'usufruit de toute la succession et un quart en pleine propriété. Avec un enfant d'une autre union, le conjoint reçoit en principe un quart en pleine propriété.
Les frères et sœurs héritent-ils s'il y a des enfants ?
Non, en principe. Les descendants appartiennent au premier ordre et écartent les frères et sœurs du deuxième ordre. Un testament ou des droits particuliers sur certains biens peuvent toutefois nécessiter l'analyse d'un notaire.
Un petit-enfant hérite-t-il directement de son grand-parent ?
Pas lorsqu'un enfant du défunt est vivant et appelé à la succession. Le petit-enfant peut venir par représentation si son parent, enfant du défunt, est décédé ou se trouve dans une situation prévue par la loi.
Le partenaire de Pacs est-il dans l'ordre des héritiers ?
Non. Le partenaire de Pacs n'est pas héritier légal automatique. Un testament est nécessaire pour lui transmettre des biens, même s'il est exonéré de droits de succession sur ce qu'il reçoit dans le cadre légal.
Qui hérite si le défunt n'a ni enfant ni conjoint ?
La succession revient d'abord aux parents et aux frères et sœurs. À défaut, elle remonte vers les autres ascendants, puis vers les collatéraux ordinaires. Si aucun héritier ne peut recueillir la succession, elle peut revenir à l'État.
Comment connaître officiellement la liste des héritiers ?
Le notaire établit la qualité d'héritier, souvent au moyen d'un acte de notoriété. Il vérifie l'état civil, les actes de famille, le testament éventuel, les donations et les droits du conjoint.

Rédigé par
Thomas Legrand
Juriste spécialisé en droit des successions · Directeur de publication
Juriste avec plus de 20 ans d'expérience dans le droit notarial et le conseil en transmission patrimoniale. Fondateur de France Succession en 2026.
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