La question « quel est l’abattement succession ? » appelle une réponse différente selon la personne qui hérite. Un enfant, un frère, un neveu, un petit-enfant ou une personne sans lien familial ne bénéficient pas du même montant.
Le calcul suit toujours la même logique : déterminer la part nette taxable de l’héritier, soustraire l’abattement disponible, puis appliquer le barème correspondant à son lien avec le défunt. Ce guide récapitule les montants vérifiés pour 2026, explique le calcul et signale les confusions fréquentes.
Les montants ont été vérifiés le 25 juillet 2026 auprès de Service-Public.fr, d’impots.gouv.fr et de Légifrance.
Tableau des abattements de succession en 2026
Le tableau concerne une succession ouverte en France métropolitaine, hors régimes particuliers et assurance-vie.
| Héritier ou bénéficiaire | Abattement ou exonération en 2026 | Principe fiscal | Référence principale |
|---|---|---|---|
| Époux survivant | Exonération totale | Aucun droit de succession à payer | Article 796-0 bis du CGI |
| Partenaire de Pacs | Exonération totale | Exonération si le partenaire reçoit effectivement par testament | Article 796-0 bis du CGI |
| Enfant ou ascendant | 100 000 € | Par enfant et par parent, sous réserve des donations antérieures | Article 779-I du CGI |
| Petit-enfant | 1 594 € en principe | Abattement de droit commun, sauf représentation d’un enfant | Articles 779 et 788 du CGI |
| Arrière-petit-enfant | 1 594 € en principe | Même logique, sauf représentation successorale | Article 788 du CGI |
| Frère ou sœur | 15 932 € | Exonération totale possible sous trois conditions cumulatives | Articles 779-IV et 796-0 ter du CGI |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | Taux de 55 %, sauf représentation d’un parent | Article 779-V du CGI |
| Autre bénéficiaire ou héritier sans autre abattement | 1 594 € | Puis taux de 55 % ou 60 % selon le degré de parenté | Article 788-IV du CGI |
| Héritier en situation de handicap | 159 325 € supplémentaires | Se cumule avec l’abattement lié au lien de parenté si les conditions sont remplies | Article 779-II du CGI |
L’abattement réduit la base taxable ; l’exonération supprime les droits dans les conditions prévues. Le conjoint survivant relève d’une exonération spécifique, et non de l’abattement de 100 000 €.
Comment se calcule l’abattement succession ?
L’abattement ne s’applique pas directement à la totalité du patrimoine du défunt. Il s’applique à la part nette successorale de chaque bénéficiaire. Il faut donc d’abord répartir la succession entre les héritiers.
Le calcul se déroule en quatre étapes :
- Évaluer l’actif brut : immobilier, comptes bancaires, placements, meubles et autres biens.
- Déduire les dettes certaines et les charges admises, afin d’obtenir l’actif net successoral.
- Déterminer la part revenant à chaque héritier, puis appliquer l’abattement personnel encore disponible.
- Appliquer le barème correspondant au lien de parenté sur la part qui reste taxable.
Les frais funéraires peuvent notamment être déduits de l’actif de la succession dans la limite de 1 500 €, selon la présentation d’impots.gouv.fr. Cette déduction intervient avant le calcul de la part taxable.
Le barème des droits en ligne directe
Après l’abattement, la part taxable reçue par un enfant ou un ascendant est soumise au barème progressif suivant :
| Part taxable après abattement | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 073 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 110 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 933 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 325 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 839 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Le barème est progressif : le taux de 20 % ne s’applique pas à toute la succession dès que la part taxable dépasse 15 932 €. Chaque fraction est taxée dans sa propre tranche.
Les barèmes selon le lien familial
Le lien de parenté détermine aussi le taux appliqué après l’abattement :
- entre frères et sœurs : 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 % ;
- entre oncle ou tante et neveu ou nièce : 55 % ;
- entre parents au-delà du quatrième degré et personnes non parentes : 60 %.
Le frère ou la sœur peut toutefois être exonéré si, au moment du décès, il est célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps, âgé de plus de 50 ans ou atteint d’une infirmité l’empêchant de travailler, et s’il a vécu avec le défunt pendant les cinq années précédentes. Les trois conditions doivent être réunies et justifiées.
Abattement et donations dans les 15 dernières années
L’abattement de succession n’est pas toujours entièrement disponible. L’administration tient compte de certaines donations réalisées entre le même donateur et le même bénéficiaire au cours des 15 années précédant le décès.
Cette règle est souvent appelée le rappel fiscal. La donation n’est pas annulée : elle est prise en compte pour déterminer les droits et l’abattement encore utilisable.
Exemple : un parent donne 60 000 € à son enfant en 2018. Si le parent décède en 2026, la donation a moins de 15 ans. L’abattement de 100 000 € n’est donc plus entièrement disponible pour cette relation : il reste, en principe, 40 000 €, sous réserve de la nature exacte de la donation et des autres éléments du dossier.
Au-delà du délai de 15 ans, la donation n’est plus prise en compte dans le rappel fiscal de droit commun. Le délai se calcule cependant à partir de la date exacte de la donation et non d’une année approximative. Les actes et déclarations doivent donc être conservés.
Donation et succession : un compteur par relation
Chaque parent dispose de son propre abattement vis-à-vis de chaque enfant. Un couple peut donc, en théorie, utiliser 100 000 € par parent et par enfant si aucun abattement n’a déjà été consommé dans la période de référence.
Le don familial de sommes d’argent est distinct. Il peut ajouter jusqu’à 31 865 € sous conditions d’âge et de majorité, notamment lorsque le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire au moins 18 ans. Il s’agit d’une exonération de donation, pas d’un abattement automatique lors du décès. Le dispositif relève de l’article 790 G du CGI.
Cas pratiques : calcul détaillé des droits
Les exemples suivants sont pédagogiques. Ils supposent une part nette déjà déterminée, aucun régime particulier et aucun autre élément susceptible de modifier le calcul.
Exemple 1 : Marie hérite de 180 000 € de son père
Marie est l’enfant unique du défunt. Aucune donation n’a été consentie entre eux dans les 15 années précédant le décès.
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Part nette de Marie | — | 180 000 € |
| Abattement enfant | -100 000 € | 100 000 € |
| Base taxable | 180 000 - 100 000 | 80 000 € |
Les droits sont ensuite calculés par tranches :
- 8 072 € à 5 % = 403,60 € ;
- 4 037 € à 10 % = 403,70 € ;
- 3 823 € à 15 % = 573,45 € ;
- 64 068 € à 20 % = 12 813,60 €.
Total indicatif : 14 194,35 € de droits de succession.
Exemple 2 : Pierre a déjà reçu 100 000 € par donation
Pierre hérite également de 180 000 € de son père. Mais ce dernier lui a donné 100 000 € en 2018, donation déclarée et encore comprise dans la période de rappel fiscal.
Dans cette hypothèse pédagogique, l’abattement de 100 000 € a déjà été consommé. La base taxable de la succession est donc de 180 000 € au lieu de 80 000 €.
Le calcul devient :
- 8 072 € à 5 % = 403,60 € ;
- 4 037 € à 10 % = 403,70 € ;
- 3 823 € à 15 % = 573,45 € ;
- 164 068 € à 20 % = 32 813,60 €.
Total indicatif : 34 194,35 € de droits, soit 20 000 € de plus que dans le premier exemple. Le montant réel peut différer si des droits ont déjà été acquittés lors de la donation ou si le rappel modifie aussi la tranche applicable.
Exemple 3 : une sœur reçoit 50 000 €
Sophie reçoit 50 000 € de son frère. Elle ne remplit pas les conditions d’exonération liées à la vie commune.
- Part reçue : 50 000 € ;
- abattement frère-sœur : 15 932 € ;
- base taxable : 34 068 € ;
- 24 430 € à 35 % = 8 550,50 € ;
- 9 638 € à 45 % = 4 337,10 €.
Total indicatif : 12 887,60 € de droits.
Le même montant transmis peut donc produire une fiscalité très différente selon le lien familial.
Les situations particulières à vérifier
Petit-enfant et représentation
Un petit-enfant qui reçoit directement un legs ou une part successorale ne bénéficie pas automatiquement de l’abattement de 100 000 € réservé à l’enfant. En principe, l’abattement applicable est de 1 594 €.
La situation change si le petit-enfant représente son parent, par exemple parce que celui-ci est décédé avant le grand-parent ou a renoncé à la succession. Dans ce cas, le petit-enfant peut utiliser l’abattement et le barème applicables à l’héritier représenté. Lorsque plusieurs descendants représentent la même branche, l’abattement est partagé entre eux.
Il ne faut pas confondre cette règle successorale avec l’abattement de donation au profit d’un petit-enfant. Les deux opérations n’ont pas le même régime fiscal.
Personne en situation de handicap
L’article 779-II du CGI prévoit un abattement supplémentaire de 159 325 € pour l’héritier qui remplit les conditions liées à l’infirmité. Il s’ajoute à l’abattement de parenté.
Ainsi, un enfant remplissant ces conditions peut, en principe, cumuler :
- 100 000 € au titre du lien parent-enfant ;
- 159 325 € au titre du handicap ;
- soit 259 325 € avant l’application du barème.
Les justificatifs sont essentiels. La qualification ne se déduit pas d’une simple reconnaissance administrative sans examiner les conditions fiscales applicables.
Assurance-vie : un régime distinct
L’assurance-vie ne se confond pas avec l’abattement de succession. Pour les primes versées avant 70 ans, l’article 990 I du CGI prévoit notamment un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, sous réserve des conditions du contrat. Après 70 ans, l’article 757 B concerne les primes au-delà d’un abattement global de 30 500 €, selon des règles différentes.
La clause bénéficiaire, la date des versements, le caractère manifestement exagéré des primes et la réserve héréditaire peuvent modifier l’analyse. L’assurance-vie n’est donc pas un moyen automatique d’échapper aux droits.
Familles recomposées et beaux-enfants
Un enfant du conjoint ou du partenaire de Pacs n’est pas automatiquement un enfant du défunt au sens fiscal. En l’absence d’adoption ou de régime particulier, il relève en principe de l’abattement résiduel de 1 594 € et du taux des personnes sans lien de parenté.
Les projets ou annonces de réforme ne remplacent pas le texte en vigueur. Le notaire doit vérifier la règle applicable à la date du décès, notamment pour une famille recomposée ou une adoption.
Les erreurs à éviter
Une erreur de lien familial peut être aussi importante qu’une erreur de montant. Le statut civil du bénéficiaire, l’existence d’une adoption, une renonciation ou une représentation peuvent modifier à la fois l’abattement et le barème.
Comment procéder concrètement ?
Réunir les documents
Acte de décès, livret de famille, donations, assurance-vie, titres de propriété et dettes.
Calculer l'actif net
Évaluez les biens au décès, déduisez les dettes et identifiez la part de chaque héritier.
Identifier l'abattement
Vérifiez parenté, représentation, handicap et donations des 15 dernières années.
Appliquer le barème
Calculez tranche par tranche, puis vérifiez les exonérations et droits déjà acquittés.
Faire valider le dossier
Consultez un notaire dès qu'il existe une famille recomposée, une donation importante, une assurance-vie ou un conflit.
La déclaration de succession doit généralement être déposée dans les six mois du décès en France métropolitaine, et dans les douze mois lorsque le décès survient à l’étranger, sous réserve des exceptions. Ce délai ne doit pas être confondu avec le rappel fiscal de 15 ans.
Sources officielles
Vérification du 25 juillet 2026 : Service-Public.fr, impots.gouv.fr et Légifrance.
Questions fréquentes
Quel est l'abattement de succession pour un enfant en 2026 ?
L'abattement est de 100 000 € sur la part reçue de chacun de ses parents, sous réserve des donations prises en compte dans les 15 années précédant le décès. La fraction qui dépasse l'abattement est soumise au barème progressif en ligne directe.
Quel montant peut-on recevoir sans payer de droits de succession ?
Il n'existe pas un montant unique. Le seuil dépend du lien avec le défunt : 100 000 € pour un enfant ou un ascendant, 15 932 € pour un frère ou une sœur, 7 967 € pour un neveu ou une nièce, et 1 594 € à défaut d'un autre abattement. Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont exonérés sous les conditions légales.
Comment fonctionne l'abattement de 100 000 € ?
Il se déduit de la part nette reçue par l'enfant avant l'application du barème. Il est propre à chaque relation parent-enfant et peut avoir été réduit par des donations consenties au cours des 15 années précédant le décès.
Les donations diminuent-elles l'abattement de succession ?
Oui, certaines donations réalisées entre les mêmes personnes depuis moins de 15 ans sont prises en compte au titre du rappel fiscal. Il faut conserver les actes et déclarations pour connaître le solde réellement disponible.
Un petit-enfant bénéficie-t-il de l'abattement de 100 000 € ?
Pas automatiquement. Il bénéficie en principe de l'abattement résiduel de 1 594 € lorsqu'il reçoit directement. Il peut toutefois bénéficier de l'abattement et du barème de son parent s'il hérite par représentation, selon les conditions prévues.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?
Le conjoint survivant est exonéré de droits de succession. Le partenaire de Pacs est également exonéré lorsqu'il reçoit une part de la succession, mais il n'est pas héritier automatique : un testament est nécessaire pour le désigner.
L'abattement pour handicap se cumule-t-il avec l'abattement familial ?
Oui, l'abattement de 159 325 € prévu par l'article 779-II du CGI peut se cumuler avec l'abattement lié au lien de parenté, si les conditions fiscales de la situation de handicap sont remplies et justifiées.

Rédigé par
Thomas Legrand
Juriste spécialisé en droit des successions · Directeur de publication
Juriste avec plus de 20 ans d'expérience dans le droit notarial et le conseil en transmission patrimoniale. Fondateur de France Succession en 2026.
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